Suicide : les Causes, Facteurs de Risque et Déclencheurs.

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Article 36.3.

Les causes du suicide sont multifactorielles et incluent souvent une combinaison d’éléments psychologiques, biologiques et sociaux. Bien qu’aucune cause unique ne puisse expliquer toutes les situations, il existe plusieurs facteurs de risque reconnus.

1. Psychopathologie.

Suicide : les Causes, Facteurs de Risque et Déclencheurs.

Selon le Manuel de psychiatrie, écrit sous la direction de Julien-Daniel Guelfi et de Frédéric Rouillon, « outre les « fonctions » attribuées par E.L. Stengel et N.G. Cook aux parasuicides et le syndrome présuicidaire de H. Ringel, les comportements suicidaires ont suscité des interprétations variées.

Par exemple, pour K.A. Menniger, trois composantes plus ou moins conscientes pouvaient être discernées :

-désir de se tuer ;

-désir d’être tué ;

-désir de tuer quelqu’un d’autre.

Pour E.Schneidman, fondateur de la suicidologie et du centre de prévention du suicide à Los Angeles, le comportement suicidaire correspondait à une douleur psychique insupportable (Psychache).

Le modèle théorique actuellement prévalent est celui qui associe vulnérabilité et événements stressants, « paradigme diathèse (disposition générale de l’organisme, le plus souvent héréditaire ou innée, qui, après être restée latente, se manifeste par certaines affections)-stress-désespoir ».

On peut ainsi retrouver les éléments suivants :

-des stresseurs du type pertes diverses et problèmes de santé ;

-un trouble psychiatrique (spécialement du type de trouble de l’humeur, abus de substance et schizophrénie) ;

-une personnalité pathologique (spécialement état limite borderline).

-des perturbations émotionnelles avec colère, dépression, désespoir, impuissance, culpabilité, anxiété/panique, anhédonie (ou anhédonisme : incapacité à éprouver du plaisir lors des situations de vie pourtant considérées auparavant comme réjouissantes et souvent associée à un sentiment de désintérêt diffus, un état dépressif ou panophobe- ou pantophobe, ou panphobe, ou omniphobe : personne souffrant de panophobie et qui, dans un état d’anxiété permanent, se replie sur elle-même et ne peut nouer de relations sociales, insomnie, altération de l’attention et de la concentration) ;

rigidité cognitive, déficit pour la résolution de problèmes et le coping (ensemble des processus mis en place par un individu pour adapter une stratégie face au stress pour en contrôler puis en diminuer l’impact psychologique, physique voire pathologique) ;

isolement relationnel et limitation du support social ;

un trouble du contrôle des impulsions (abus de substance, agressivité, prise de risques et acting out sexuel- mécanisme de défense conduisant à l’action au lieu d’y résister ou de matrîser ses pulsions) ;

ruminations suicidaires et comportements associés.

Si vous pensez avoir besoin d’aide, réservez votre séance.

2. Neurobiologie des conduites suicidaires.

Suicide : les Causes, Facteurs de Risque et Déclencheurs.

« Plus de 90% des sujets qui décèdent par suicide présentent au moment de leur geste un trouble psychiatrique, la plupart du temps un trouble de l’humeur. Néanmoins, même dans ce groupe de sujets à risque, la majorité des individus ne réalisent jamais de conduite suicidaire (tentative de suicide ou suicide abouti).

Cela est expliqué par le fait que les facteurs de stress, qu’il s’agisse de dépression ou d’événements de la vie stressants, aboutissent à un geste suicidaire seulement chez les individus vulnérables. Les facteurs cliniques qui sous-tendent cette vulnérabilité sont de différentes natures :

-des traits de personnalité comme impulsivité agressive qui s’expriment par la colère ou la violence, ainsi que le pessimisme/désespoir ;

-les antécédents de tentative de suicide ;

-les antécédents familiaux de conduite suicidaire (TS et suicides).

Sur le plan neurochimique, un ensemble d’anomalies du système de la sérotonine ont été associées à la vulnérabilité suicidaire. Le dysfonctionnement sérotoninergique a été initialement mis en cause dans la physiopathologie de la dépression.

Toutefois, la recherche de marqueurs biologiques de la dépression a finalement abouti à l’observation que ce dysfonctionnement serait en fait lié à l’existence d’antécédents de tentative de suicide chez les patients déprimés.

(…)

Le dysfonctionnement sérotoninergique est régulièrement associé aux tentatives de suicide violentes, ou létales (qui peut entraîner la mort ou la provoquer).

D’autres parts, les traits de personnalité tels que l’agressivité et l’impulsivité sont des facteurs de risque des conduites suicidaires et des comportements violents impulsifs, l’impulsivité-agressivité, l’irritabilité, l’hostilité et les conduites antisociales.

(…)

La relation trifactorielle, conduites suicidaires – agressivité impulsive – dysfonctionnement sérotoninergique, permet de considérer que la fonction sérotoninergique centrale supporte un mécanisme inhibiteur, et qu’une déficience de cette fonction aurait pour résultats une impulsivité et une agressivité plus importantes, qu’il s’agisse de conduites d’autodestruction comme les conduites suicidaires, ou d’actes agressifs à l’égard d’autrui.

(…)

Cette région (la partie ventromédiane du cortex préfrontal= situé dans le lobe frontal au bas des hémisphères cérébraux et impliquée dans le traitement du risque et la peur, il joue également un rôle dans l’inhibition de réactions émotionnelles, et dans le processus de prise de décision) du cerveau est impliquée dans l’inhibition comportementale et cognitive, les lésions situées à ce niveau entraînant une désinhibition.

(…)

L’objectif premier du suicide est souvent de faire cesser une émotion insupportable (la douleur morale, la colère ou la honte), cette émotion étant une réponse à un stresseur tel que la dépression et/ou un stimulus aversif. (répulsion violente, forte antipathie que l’on conçoit pour quelqu’un ou quelque chose).

Le dysfonctionnement sérotoninergique au niveau du cortex ventromédian entraîne un dyscontrôle de l’agressivité qui pourrait à son tour conduire à une propension accrue aux passages à l’acte (vulnérabilité) lorsque les sujets sont soumis à des facteurs de stress, environnementaux ou psychiatriques (dépression).

3. La sphère familiale.

Suicide : les Causes, Facteurs de Risque et Déclencheurs.

« Si la transmission familiale du risque suicidaire n’est pas liée à la transmission des troubles psychiatriques, elle est liée à la transmission au sein des familles des traits de personnalité impulsifs-agressifs.

En pratique, les cliniciens doivent rechercher systématiquement les antécédents familiaux de tentatives de suicide et de suicides aboutis, ainsi que l’existence de traits de personnalité en rapport avec la propension à agir sous l’emprise de la colère, chez le sujet évalué mais aussi chez ses apparentés.

(…)

Si vous ou vos proches êtes soumis à ce genre de problématique, et que vous pensez avoir besoin de l’accompagnement d’un professionnel, réservez votre séance. 

4. Les facteurs environnementaux.

Suicide : les Causes, Facteurs de Risque et Déclencheurs.

La maltraitance pendant l’enfance, qu’il s’agisse d’abus physiques, d’abus sexuels ou de négligences, entraîne de façon persistante une diminution de l’activité sérotoninergique et plus grande impulsivité, contribuant au risque suicidaire accru à l’âge adulte.

D’autre part, la maltraitance dans l’enfance pourrait induire une sensibilité accrue aux stress qui fait intervenir le système noradrénergique, le cortisol et l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, en interaction avec le système sérotoninergique. Des travaux très récents montrent que les facteurs génétiques se combinent aux facteurs environnementaux pour conférer une vulnérabilité suicidaire.

Ainsi, tous les sujets victimes de maltraitance dans l’enfance ou soumis à des événements de vie négatifs ne sont pas à risque de conduite suicidaire et seuls ceux qui portent un génotype particulier du gène du transporteur de la sérotonine auront un risque augmenté de conduite suicidaire.

(…)

Les cliniciens doivent considérer l’ensemble de l’histoire d’un sujet pour évaluer soigneusement le risque suicidaire et pour promouvoir des actions de prévention.

(…)

Le développement de la neuropsychologie permet de mieux appréhender les mécanismes cérébraux mis en cause dans la vulnérabilité suicidaire, indépendamment de la dépression.

Par exemple, il a été montré récemment que les sujets suicidants présentaient des anomalies de « prise de décision », renforçant l’hypothèse de l’existence d’un dysfonctionnement du cortex préfrontal ventromédian chez ces sujets. »

Si vous ou vos proches êtes soumis à ce genre de problématique, et que vous pensez avoir besoin de l’accompagnement d’un professionnel, réservez votre séance. 

5. La biographie des suicidants.

Suicide : les Causes, Facteurs de Risque et Déclencheurs.

Pour ce chapitre, je m’aide de l’ouvrage de Laurent Morasz et de François Danet, intitulé Comprendre et soigner la crise suicidaire.

« Les lignes qui suivent consistent à mettre en évidence un certain nombre de facteurs de risque aux crises suicidaires, qu’on peut appeler également conduites suicidaires. Il ne s’agit en aucun cas d’un modèle additif mesurant le risque final à partir d’une sommation des différents facteurs de risque, mais d’un modèle intégratif aboutissant au fait que l’impact de chacun d’eux dépend de la présence ou de l’absence d’autres éléments (Walter, 2000).

De nombreux travaux scientifiques mettent en évidence un lien entre pertes précoces pendant l’enfance et comportement suicidaire (Cross et Hitschfeld, 1986) :

-essentiellement de l’un des deux parents par séparation, divorce ou décès (Crook et Raskin, 1975 ; Morgan et al., 1975) ;

-surtout quand elle est survenue pendant la période de latence (de 6 à 12 ans ) (Pfeffer, 1981) ;

-ou lorsqu’elle a résulté d’une instabilité familiale importante (Golney, 1981 ; Adams et al., 1982) ;

-voire lorsque cette instabilité se prolonge à l’adolescence (De Wilde et al., 1992).

L’exposition précoce et prolongée aux idées de suicide ou aux comportements suicidairres d’un des parents, ou la survenue du décès par suicide constitue un facteur de risque du passage à l’acte à l’adolescence et à l’âge adulte important (Hutchinson et Draguns, 1987), mais aussi de récidive (Krarup et al., 1991).

Les violences lors de l’enfance augmentent le risque suicidaire à l’âge adulte (Bryant et Range, 1995), avec un impact particulier des abus sexuels (Briere et Runtz, 1988 ; Martin, 1996 ; Peters et al., 1995 ; Yang et Clum, 1996). Ce risque est d’autant plus élevé que l’abus a été répété et est sévère, et qu’il a duré lontemps (Boudewyn et Liem, 1995).

Il semblerait identique pour les garçons et les filles mais les études sont peu nombreuses pour les garçons (Boudewyn et Liem, 1995). De plus, les abus sexuels sont corrélés à l’apparition d’idées de suicide surtout quand l’agresseur vit dans le cercle familial (Wagner, 1997).

Les études biographiques des suicidants mettent en évidence que les facteurs traumatiques des patients suicidants n’y prédisposent que s’ils résultent d’une rencontre entre un événement, une histoire et une personnalité vulnérable (Lebovici et Soulé, 1989 ; Raynaud, 1998). Il est donc important de dépeindre les caractéristiques de la personnalité des suicidants telles que les études le décrivent (Cross et Hitschfeld, 1986 ; Low et Andrew, 1990).

Suicide : les Causes, Facteurs de Risque et Déclencheurs.

Il est donc nécessaire de tenir compte de plusieurs facteurs tels que les :

– Facteurs psychologiques : Troubles mentaux, dépression, anxiété et troubles bipolaires.

– Facteurs environnementaux : Stress financier, conflits relationnels, et perte de travail.

– Facteurs biologiques : Prédispositions génétiques et neurobiologiques.

– Effets des événements traumatiques : Abus, violences, et pertes traumatiques.

Vous trouverez sur ce lien des célébrités soumis à ce genre de symptômes qui ont fini par passer à l’acte suicidaire.

https://papageno-suicide.com/ressource/exemples-celebrites-deffet-werther/

et l’évolution du suicide après le suicide de célébrités:

https://www.sante-sur-le-net.com/taux-suicide-celebrite/

Si vous ou vos proches êtes soumis à ce genre de problématique, et que vous pensez avoir besoin de l’accompagnement d’un professionnel, réservez votre séance. 

Vous trouverez d’autres articles sur ce sujet:

Suicide: Comprendre. 

Suicide: Définitions.

-Suicide: Prévenir.

Vous trouverez enfin d’autres articles sur mon site web: https://joelineandriana-auteur.com.

@copyright : J’autorise la citation de mes textes sous réserve que la source soit citée et mise en lien.

Mots-clés à intégrer : « causes du suicide », « facteurs de risque suicidaire », « déclencheurs de pensées suicidaires », et « prédispositions au suicide ».

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