Suicide : Définitions.

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Article 36.2.

Avant de commencer, je vous propose de consulter l’article 36.1. intitulé Suicide : Comprendre.

Qu’est-ce que le Suicide ? Une Vue d’Ensemble Psychologique.

1. Définir le suicide : une tentative pour échapper à une souffrance insoutenable ?

Suicide.

Pour cela, je m’aide de l’ouvrage de Roland Doron et de Françoise Parot, intitulé Dictionnaire de psychologie : « Classiquement, le suicide est le meurtre de soi-même. E. Dukheim, en 1897, appelle suicide tout cas de mort qui résulte d’un acte accompli par la victime elle-même et qu’elle savait devoir produire ce résultat.

Actuellement, on tend à envisager dans un vaste ensemble le suicide, le chantage au suicide, les équivalents suicidaires. Je reste disponible si vous avez besoin d’une consultation : Réservez votre séance.

D’un point de vue épistémologique, le nombre de suicide est difficilement appréciable (suicide non déclaré, non-reconnaissance du suicide à l’origine de la mort). Cependant, une étude sur l’année 1971 dénombrait en France 14 200 suicides (seconde cause de décès par mort violente).

Les moyens utilisés sont variés : par ordre de fréquence on note, en France, la pendaison, la noyade, le gaz, les armes à feu, les toxiques médicamenteux, les armes blanches.

Différents facteurs suicidogènes ont été repris : on dit par exemple que le suicide est plus fréquent en milieu rural et les tentatives de suicide plus fréquentes en milieu citadin ; on évoque le rôle des conditions atmosphériques, de facteurs actuellement retenus comme favorisants : l’absence d’insertion sociale réelle, la rupture professionnelle, l’appartenance à certaines catégories socioprofessionnelles (étudiant, militaire, appelé, détenu, prostituée, personnel médical et paramédical) ; enfin l’âge : la tentative de suicide est surtout le fait de sujets jeunes (adolescents) ; au contraire, la fréquence du « suicide réussi » est plus grande chez les personnes âgées.

Voici un article mettant en avant le suicide des étudiants aux Etats-Unis : https://www.courrierinternational.com/article/sante-mentale-aux-etats-unis-les-suicides-d-athletes-universitaires-ont-double-en-vingt-ans#:~:text=Santé%20mentale.-,Aux%20États%2DUnis%2C%20les%20suicides%20d’athlètes%20universitaires%20ont,manière%20inquiétante%2C%20révèle%20une%20étude.

Les femmes font plus de tentatives de suicide (cinq femmes pour deux hommes) mais le rapport s’inverse pour le suicide.

S’il n’existe pas de profil psychologique du suicidant, toute affection mentale est peu ou prou suicidogène, surtout la mélancolie où le risque est majeur.

Dans la dépression névrotique, le passage à l’acte paraît fonction de la structuration des défenses. Le suicide est rare au cours des délires chroniques tandis que les tentatives de suicide du schizophrène sont énigmatiques et bizarres.

Le sens des conduites suicidaires n’est pas univoque : ce peut être une volonté destructrice dans laquelle l’autoagressivité est très présente : les psychanalystes envisagent soit un retournement contre soi de l’agressivité initialement dirigée contre l’autre, soit l’expression privilégiée de l’instinct de mort s’actualisant dans le geste suicidaire.

Suicide: définitions.

La dimension hétéroagressive souvent inconsciente est indéniable, stigmatisant l’entourage familial. La fonction de chantage est parfois présente, n’en mettant pas moins gravement en danger le patient dans une quête de communication avec autrui.

Voici un article sur un sportif qui a tenté de se suicider :

https://www.leparisien.fr/sports/football/ligue-1/football-inquietude-pour-daniel-congre-lancien-joueur-de-montpellier-apres-une-tentative-de-suicide-10-06-2025-FP37JAPYFNFFZHUZJGPTVXX4AA.php

La question du passage à l’acte suicidaire est toujours très discutée, et ce d’autant que le risque mortel est très mal apprécié le plus souvent par le suicidaire.

Actuellement, certains travaux neurobiologiques émettent l’hypothèse d’une vulnérabilité au passage à l’acte quel qu’il soit liée à un dysfonctionnement sérotoninergique.

Enfin, la récidive pose un problème grave du point de vue préventif : 10 à 15% des suicidants (sujets ayant commis une ou plusieurs tentatives de suicide) finissent par se tuer. »

Suicide: définitions.

Selon le Dictionnaire de la psychiatrie écrit par Jacques Postel, « Le suicide est soit un acte rationnel, exécuté en fonction de considérations morales, sociales, religieuses, philosophiques ou personnelles, soit au contraire un acte pathologique survenant alors au cours de l’évolution de diverses affections mentales (dépression, délire chronique, démence, confusion, etc.) ou d’une crise existentielle aiguë sous forme de raptus (soudaine impulsion pouvant conduire une personne à commettre des gestes très violents à l’encontre d’elle-même ou d’autrui) anxieux autoagressif, raptus très différent du suicide prémédité de certains mélancoliques ou délirants.

Cet acte peut avoir trois fonctions différentes. Ou bien il s’agit de l’évitement, de la fuite d’une situation inacceptable ou trop douloureuse (suicides de certains cancéreux par exemple) ; ou bien c’est une véritable conduite autoagressive, par retournement d’une intense agressivité contre soi-même (cas de la dépression mélancolique) ; ou bien c’est un appel au secours, une sorte de message désespéré adressé à un entourage jugé trop indifférent ou hostile.

Dans ce dernier cas, sans doute trop fréquent, il ne s’agit parfois que d’une tentative de suicide, plus ou moins spectaculaire, s’accompagnant d’un appel à autrui pour qu’il intervienne.

Mais si cette intervention s’est fait attendre, ou si le message n’a pas été transmis, la tentative se réalise du fait que les secours ne sont pas arrivés à temps, comme dans ces nombreux cas d’intoxication médicamenteuse où le SAMU arrive trop tard.

Une (…) étude de l’INSERM dirigée par F. Davidson et A. Philippe a montré qu’en France le suicide est actuellement responsable de près de 12 000 décès par an (en 1994, 8 839 hommes et 3 155 femmes) ; et il semble que depuis quelques années (1975) en augmentation, principalement chez les hommes et les sujets jeunes.

En Finlande, pays d’Europe où il est le plus élevé, le taux est de 46 pour 100 000 (hommes) et de 11 pour 100 000 (femmes).

Les différentes corrélations statistiques ne permettent cependant pas de démontrer une relation positive pour les hommes (l’évolution du chômage n’est pas un facteur prédictif du suicide masculin).

En revanche, pour la population féminine, l’évolution du taux de chômage pourrait être prédictive. La solitude reste en tout cas l’un des facteurs les plus importants. Elle s’accompagne généralement d’un sentiment de rejet, surtout dans cette dernière population.

2. Les facteurs psychologiques communs associés au suicide.

Suicide:définitions.

Cela correspond finalement aux premières recherches de E. Durkeim, qui constatait, en 1897, que les suicides augmentaient en fonction du relâchement des liens familiaux et de l’isolement social. Ce dernier est certainement à l’origine de très nombreux suicides, et le cas de Véronique Le Guen, une jeune spéléologue de 33 ans qui a été trouvée morte dans sa voiture après avoir absorbé une forte dose de barbituriques, en est presque une illustration expérimentale : elle venait de passer 111 jours seule, au fond d’un gouffre et en était ressortie assez éprouvée.

C’est surtout aux deux extrémités de la vie que le suicide est devenu beaucoup plus fréquent qu’autrefois. Chez les adultes jeunes, et les adolescents, le phénomène suicidaire a pris des proportions inquiétantes dans notre pays depuis une dizaine d’années (ce livre est sorti en 1998 et 2003).

C’est souvent devant l’échec, l’impossibilité de s’insérer socialement et professionnellement que l’adulte jeune va se suicider, confirmant la phrase de l’écrivain Drieu La Rochelle : « Le suicide, c’est un acte, l’acte de ceux qui n’ont pu en accomplir d’autres » (le Feu follet).

Cet acte de désespoir se réalise souvent dans le comportement toxicomaniaque, l’overdose finale venant terminer une trajectoire suicidaire progressive.

Chez l’adolescent, ce sont souvent les séparations du milieu familial, les premières ruptures sentimentales qui provoquent le suicide ou, plus souvent, la tentative suicidaire.

Chez les personnes âgées, le suicide est aussi très fréquent. Près de 30% des suicidés en France ont dépassé la soixantaine. Si certains cas relèvent d’une pathologie psychiatrique évidente (atteinte démentielle, mélancolie présénile ou sénile), la plupart du temps, il s’agit de la conséquence d’une crise existentielle, expression d’un état névrotique dont les défenses sont débordées ou d’un état dépressif réactionnel survenant au décours d’un évènement pénible dont l’impact affectif douloureux se trouve majoré par le déficit du potentiel intellectuel et organique de le sénescence ainsi que par les conditions de vie sociale défectueuse.

Le suicide a généralement le sens d’un acte de libération d’une situation jugée pénible, douloureuse et surtout non modifiable. (Th. Lempérière).

Le suicide collectif a aussi une certaine fréquence. Les amoureux, qui tels Roméo et Juliette, se tuent ensemble restent assez fréquents au Japon. Quant à l’infanticide, il précède souvent le suicide des mères mélancoliques, qui veulent ainsi entraîner dans leur mort leur progéniture pour la sauver d’une situation qu’elles croient, dans leur délire, désespérée.

Il peut y avoir un pacte conclu entre deux personnes qui se sont engagées à mourir ensemble. Quelquefois, l’un des deux candidats endure des douleurs insoutenables et l’autre n’a pas la force d’assister à son martyre ni le courage de survivre. Il arrive également que les deux aspirent à la mort.

Généralement la décision est prise d’emblée d’un commun accord. Nul autre ne se doute de leur secret et les intéressés prennent tranquillement et obstinément leurs dispositions macabres avec une minutie telle que leurs projets échouent très rarement.

C’est souvent le cas des vieux couples décidant ensemble de se donner la mort, comme l’ont fait en 1983 A. Koestler et son épouse.

Il y a enfin de grands suicides collectifs, provoqués par une véritable contagion mentale à partir d’un ou deux leaders, dans une sorte de transe ou d’état hypnotique généralisés : c’est l’exemple dramatique du suicide collectif d’une secte religieuse d’origine nord-américaine, en Guyana, en 1978.

Sur le plan d’une théorie pathogénique du suicide, on en reste aux deux grandes hypothèses : celle de l’anomie (dérèglement, désordre social) de Durkheim, décrite plus haut, et celle de S. Freud, pour qui le suicide serait finalement une forme d’homicide : « Nul, écrit-il, n’est probablement à même de trouver l’énergie psychique de se tuer, à moins de commencer par tuer quelqu’un à qui il est identifié. »

Parmi les variantes, on peut citer la théorie de K. Menninger, d’après laquelle le suicide exprimerait à la fois un désir de mourir, un désir de commettre l’acte de tuer et un désir d’être tué. Aucune de ces considérations ne saurait prétendre traduire toute la vérité. Si la théorie de l’anomie permet de saisir la forte proportion de veufs et de personnes séparés parmi les suicidés, elle n’explique pas pourquoi seuls certains veufs ou esseulés se suicident, alors que les autres ne le font pas.

3. La relation entre dépression et suicide : Une connexion complexe.

Suicide:définitions.

Un taux élevé de suicides peut résulter de la conjonction de plusieurs facteurs.

Il faut admettre que le phénomène suicidaire est presque toujours le reflet d’une interaction entre des facteurs sociaux et des facteurs personnels (J. Cohen). Et seule la connaissance de ces différents facteurs permet une bonne prévention du suicide, mettant en œuvre l’ensemble des moyens nécessaires pour en diminuer la fréquence.

Il s’agira aussi de postvention, qui est la prévention de la récidive après une tentative enrayée, puisqu’il faut tenir compte des « suicidants récidivistes » (F. Davidson), de plus en plus nombreux, surtout dans la population féminine. C’est surtout pour ceux-là qu’il faudra prendre le temps de les aider et de les écouter. Les classiques bonnes paroles, c’est-à-dire les propose conformistes et superficiels, n’apportent aucun apaisement appréciable : elles renforcent même l’isolement du désespéré.

Il en va de même des arguments de dissuasion tels que : « Se suicider est une lâcheté, pensez à vos parents ou à vos enfants.»

Tout reproche est à bannir et ne manifeste que l’inquiétude de celui qui le prodigue. Et, à l’extrême, échouent ceux qui parlent plus qu’ils n’écoutent. « Car le suicide d’une personne s’insère dans la dialectique de sa désespérance ou de sa rage : c’est cette histoire personnelle, singulière, unique qu’il importe avant tout de savoir écouter. » (le Suicide et sa prévention, brochure du ministère de la Santé publique et de la sécurité sociale.)

D’après le Manuel de psychiatrie, écrit sous la direction de Julien-Daniel Guelfi et Frédéric Rouillon, dans le chapitre intitulé : Prévalence des pathologies psychiatriques, de la dépression en particulier, « selon les études et les instruments d’évaluation utilisés, l’importance des pathologies psychiatriques chez les suicidés varie dans des proportions importantes, d’une minorité de cas (25 à 30%) à une prévalence proche de 100%. Une méta-analyse de la littérature sur le risque de suicide dans les pathologies mentales montre que pour presque tous les troubles mentaux, le risque de suicide est significativement accru.

Ce risque est plus fortement majoré dans les troubles mentaux fonctionnels et plus limité pour les troubles mentaux organiques. La tentative de suicide est souvent considérée comme le facteur de risque de suicide le plus significatif.

Environ 1% des suicidants se suicident dans l’année et R.F. Diekstra fait état de 10 à 14% de risque de suicide vie entière chez les suicidants.

M.L. Bourgeois, rapportant plusieurs études faites à partir d’autopsies psychologiques en Angleterre et aux Etats-Unis, estime que 50 à 80% des suicides correspondent à des troubles de l’humeur.

Dans une étude des diagnostics en fonction de l’âge chez les suicidés, Y. Conwell trouve que chez les plus jeunes le diagnostic le plus fréquent est la toxicomanie et la psychose et plus l’âge augmente, plus la prévalence de la dépression s’accroît.

Il observe une vulnérabilité accrue des patients âgés aux suicide et particulièrement chez les hommes. Cette liaison âge-dépression concerne la dépression unipolaire. Les études de suivi des patients déprimés montrent qu’au moins 15% de ces personnes se suicident, ce qui représente un risque relatif de l’ordre de 30. Moins nombreux que les déprimés les patients schizophrènes sont aussi fortement exposés au risque suicidaire, leur risque de suicide vie entière est d’environ 5%. »

Le suicide, en termes psychologiques, est souvent le résultat d’une souffrance mentale insupportable. Les individus peuvent ressentir un désespoir intense, une perte de sens, ou une incapacité à voir une issue positive à leurs problèmes. Bien que chaque histoire soit unique, des thèmes récurrents se dégagent, comme la dépression, les troubles de l’humeur, l’anxiété, le traumatisme et l’isolement social.

D’autres article sur cette thématique sont disponibles sur ce site web via les liens suivants:

Suicide: Comprendre. 

Suicide: les causes, facteurs de risque et déclencheurs. 

Suicide: Prévenir.

Vous trouverez d’autres articles sur mon site web : https://joelineandriana-auteur.com.

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