Par le Dr Joéline Andriana, Ph.D. – Docteur en Psychologie Sociale et du Sport.
Dans le paysage économique actuel des Landes (40), de Dax à Mont-de-Marsan, la pression sur les dirigeants et les collaborateurs n’a jamais été aussi intense. Le burn-out en entreprise n’est pas une simple fatigue passagère ; c’est un processus insidieux d’épuisement qui, s’il n’est pas détecté à temps, conduit à une rupture brutale de l’équilibre psychique et physique.
En tant qu’experte en psychologie sociale et praticienne en thérapies brèves (EMDR, Hypnose), je reçois chaque jour des professionnels en quête de sens. Cet article détaille les mécanismes de l’épuisement professionnel pour vous aider à identifier les signaux d’alarme avant qu’il ne soit trop tard.
1. Comprendre le mécanisme de l’épuisement professionnel
Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, résulte d’une exposition prolongée à un stress chronique lié au travail. Contrairement au stress aigu, qui peut être un moteur de performance ponctuel, le stress chronique épuise nos réserves de cortisol et déséquilibre notre homéostasie.
Pour comprendre pourquoi certains s’effondrent quand d’autres résistent, il faut se pencher sur le modèle de Karasek. Ce modèle scientifique explique que le risque de burn-out explose lorsque trois facteurs sont réunis : une forte demande psychologique, une faible latitude décisionnelle (manque d’autonomie) et un faible soutien social.
2. Les 4 dimensions des signes précurseurs : Apprendre à s’écouter
Le corps et l’esprit envoient des signaux bien avant la « disjonction » finale. Un accompagnement en psychologie sociale permet de décoder ces 4 piliers d’alerte.

A. Les signes physiques : Le corps tire la sonnette d’alarme
C’est souvent le premier domaine impacté. Le cerveau, saturé, délègue la souffrance au corps (somatisation) :
-
Troubles du sommeil : Difficultés d’endormissement ou réveils précoces avec des pensées liées au travail.
-
Fatigue résiduelle : Une fatigue que les week-ends ou les vacances ne parviennent plus à effacer.
-
Tensions musculo-squelettiques : Douleurs dorsales, cervicalgies ou migraines chroniques.
-
Problèmes digestifs : L’intestin étant notre « deuxième cerveau », il réagit violemment au stress de l’entreprise.
B. Les signes émotionnels : L’érosion de la joie
L’individu entre dans une phase de « fragilité émotionnelle » :
-
Irritabilité et hypersensibilité : Des réactions disproportionnées face à des imprévus mineurs.
-
Sentiment de vide : Une impression de ne plus rien ressentir, d’agir comme un automate.
-
Anxiété diffuse : Une boule au ventre permanente, particulièrement le dimanche soir.
C. Les signes cognitifs : Quand le moteur s’enraye
C’est ici que la performance chute, alimentant un sentiment de culpabilité :
-
Baisse de concentration : Difficulté à lire un rapport ou à suivre une réunion.
-
Pertes de mémoire : Oublis de rendez-vous ou de tâches pourtant routinières.
-
Indécision : Une incapacité croissante à faire des choix, même simples.
D. Les signes comportementaux : L’isolement social
Le rapport aux autres change radicalement :
-
Désengagement ou présentéisme : Être présent physiquement mais absent mentalement.
-
Cynisme : Une attitude négative, voire agressive, envers les collègues ou les clients.
-
Comportements addictifs : Augmentation de la consommation de café, de tabac, d’alcool ou de sucre pour « tenir ».
3. Pourquoi les cadres et dirigeants landais sont-ils particulièrement exposés ?
Dans notre département des Landes (40), le tissu économique est composé majoritairement de PME et de TPE. Le dirigeant landais cumule souvent les rôles : manager, commercial, gestionnaire. Cette polyvalence, bien que gratifiante, crée une charge mentale colossale.
La solitude du pouvoir, couplée à une culture locale où « on ne se plaint pas », retarde souvent la prise en charge. Pourtant, solliciter un regard extérieur, neutre et scientifique, est un acte de leadership courageux, pas un aveu de faiblesse.

4. La transition vers l’effondrement : Le point de non-retour
Le burn-out est comparable à une batterie que l’on viderait chaque jour sans jamais la recharger. À un certain stade, le système nerveux central se met en mode « sécurité ». C’est l’effondrement brutal : l’individu ne peut littéralement plus se lever pour aller travailler.
Cet état de choc peut laisser des traces traumatiques durables. C’est ici que la thérapie EMDR intervient : elle permet de retraiter les souvenirs douloureux liés à l’environnement professionnel pour désensibiliser la charge émotionnelle et permettre une reconstruction saine.
5. Prévention et solutions : Reprendre les rênes de votre vie
Le traitement du burn-out en entreprise repose sur une approche pluridisciplinaire.
-
Le diagnostic : Identifier la phase de l’épuisement pour adapter la réponse.
-
La régulation émotionnelle : L’hypnose est un outil puissant pour réapprendre au corps à se détendre et à calmer l’hyper-vigilance cérébrale.
-
La réorganisation : Travailler sur sa posture professionnelle, apprendre à déléguer et à poser des limites grâce à la psychologie sociale.
Agir tôt, c’est s’offrir la chance de transformer une crise en une opportunité de croissance personnelle.

Conclusion : Ne restez pas seul face au burn-out
Si vous vous reconnaissez dans ces signes, ou si vous observez ces changements chez l’un de vos collaborateurs, il est temps d’agir. En tant que Docteur en Psychologie basée à Bégaar (40), je vous accompagne dans la prévention et la guérison de l’épuisement professionnel.
Prenez soin de votre capital le plus précieux : vous-même.
> Je souhaite réaliser un diagnostic de mon stress professionnel – Réserver une séance
Ressources complémentaires :
Vous trouverez également une formation en ligne intitulée: Rebondir après un burn-out et son livre de référence intitulé Jouer à ne pas mourir: le burn-out.
A bientôt.
Dr Joéline Andriana.
Docteur en psychologie.
@copyright : J’autorise la citation de mes textes sous réserve que la source soit citée et mise en lien.


