Introduction : Gérer les Émotions du Dirigeant pour l’Excellence Opérationnelle.
La performance d’une entreprise repose fondamentalement sur la qualité de son leadership, et particulièrement sur la gestion émotionnelle du dirigeant. En tant que Docteur en psychologie, Joéline Andriana s’est spécialisée dans l’étude de ce phénomène auprès des individus ayant de fortes responsabilités humaines, matérielles, et financières. Cet article s’appuie sur le témoignage éclairant de Jean Gay, Directeur Général d’Altinium, entreprise spécialisée en développement et stratégie aéronautique, pour illustrer comment l’intelligence émotionnelle collective est mise au service de la performance durable.
La Force Collective : Quand la Gestion du Stress Devient un Acte d’Équipe.
Chez Altinium, société qui se définit comme « familiale » 5, le leadership face au stress et aux urgences est un acte profondément collectif. Loin de l’isolement souvent associé à la haute direction, la philosophie de Jean Gay repose sur le partage et l’échange constructif face à toute situation stressante.
Le Partage comme Amortisseur de Crise.
L’organisation a institutionnalisé la collaboration comme le principal amortisseur de crise. Lorsqu’un collaborateur est confronté à une situation critique—qu’il s’agisse d’une urgence client ou d’un imprévu opérationnel—il la partage immédiatement avec l’équipe.
Ce processus de mise en commun offre un double bénéfice, stratégique et émotionnel :
Gestion de l’Émotion : En travaillant sur une « émotion qui va être partagée », l’équipe désamorce la pression individuelle. Le stress est distribué et transformé en énergie collaborative.
Efficacité Opérationnelle : Le problème est traité par la meilleure combinaison de compétences disponibles pour « trouver une solution tous ensemble ».
C’est un véritable système de gestion de crise qui utilise la confiance et la proximité pour garantir l’excellence opérationnelle. Joéline Andriana, en tant que Docteur en psychologie, souligne ici la valeur de la résilience collective face aux imprévus (comme la blessure d’un pilote ou une urgence géopolitique).
Fidéliser et Motiver : La Reconnaissance Quotidienne et la Bienveillance.
L’efficacité de l’équipe est alimentée par des moteurs d’engagement qui vont au-delà des mécanismes formels : la reconnaissance et la bienveillance.
Reconnaissance et Lien Familial.
Chez Altinium, la reconnaissance est un flux constant. Elle est numérique et instantanée (« bien joué »), mais aussi physique, se traduisant par des gestes amicaux comme « une tape dans le dos » pour symboliser l’esprit de corps.
La culture d’Altinium adopte une approche authentiquement bienveillante en intégrant la famille des collaborateurs. Des repas de groupes sont organisés pour inclure les familles et les enfants, reconnaissant ainsi le soutien du foyer dans la réussite professionnelle. De plus, l’entreprise offre des vols aux employés, une gratification concrète et valorisante. Ce modèle crée un engagement réciproque fondé sur la valeur reconnue du personnel et de son cercle privé.
L’Excellence du Service Client : Humaniser le Luxe Aérien.
Dans le secteur de l’aviation, la différenciation n’est pas seulement le confort, mais la qualité du service. Le luxe est une présence active et rassurante auprès du client.
Hyper-Personnalisation et Confiance.
Le pilote est un ambassadeur essentiel, dont la communication verbale et non-verbale est fondamentale pour établir la confiance. Le service haut de gamme se matérialise par :
L’accueil avec une Carte d’Accueil Personnalisée pour chaque passager.
Un Suivi Actif et une connaissance des « problématiques » des clients.
Un Contact Post-Atterrissage (SMS ou e-mail) pour conclure la démarche de suivi.
Ce niveau d’engagement démontre que la valeur réside dans le partenariat continu et l’anticipation des besoins du client.
Transparence et Décentralisation : Stratégies de la Résolution Rapide.
Pour les dirigeants, une communication sans détours et une structure organisationnelle efficace sont cruciales pour la résolution de problèmes rapide.
La Franchise Accélère la Réflexion.
Altinium a choisi la transparence et la franchise. « On se dit les choses. C’est rapide ». Cette communication directe élimine les non-dits et permet un partage immédiat des problèmes. La gestion du temps est mesurée en fonction de la deadline, assurant une priorisation efficace des tâches.
Décentralisation et Stabilité Psychologique.
Le système de gestion repose sur le principe : « chaque problème a son expert ». La décentralisation des compétences est claire, avec des responsables qui « managent leur rôle » (ex: le Directeur technique). La direction reçoit l’information, mais uniquement pour les problèmes d’une certaine importance, évitant ainsi la submersion.
De plus, la stabilité psychologique des candidats est une exigence non négociable dans le recrutement. La visite médicale inclut un test psychologique pour garantir l’aptitude mentale et la compatibilité avec l’aversion pour le risque irréfléchi. Le soutien d’un docteur en psychologie est crucial dans ce processus de sélection rigoureux.
Un Tremplin de Carrière : Gérer l’Humain au-Delà du Contrat.
La gestion des ressources humaines chez Altinium est une question d’échange et de projection d’avenir.
Flexibilité Personnalisée et Projets de Vie.
L’entreprise utilise la flexibilité naturelle du secteur aérien (choix de base, type de machine) pour satisfaire les désirs des équipes et favoriser un roulement naturel. Le leader se voit comme un accélérateur de projets de vie.
Même si un employé souhaite « arrêter l’aviation et ouvrir un restaurant », l’entreprise se considère comme un tremplin et s’engage à l’aider. Cette approche démontre une loyauté profonde envers le développement personnel.
Dans un environnement opérant 24/7, Altinium rejette le modèle unique. La gestion du temps est modulée par l’atteinte des objectifs (target) hebdomadaires. Cette flexibilité personnalisée intègre les besoins personnels (sport, famille) et est un levier stratégique pour la stabilité et la performance durable.
Conclusion : Le Leadership Émotionnel Selon Joéline Andriana.
L’exemple de Jean Gay, décrit comme un être humain avec une lucidité acérée et des valeurs sûres, illustre une gestion où la communication, la bienveillance et le partage sont primordiaux.
L’accompagnement par un Docteur en Psychologie est essentiel pour les dirigeants confrontés à la complexité de la gestion des émotions et du stress. Joéline Andriana aide les leaders à transformer l’émotion individuelle en force collective pour l’excellence opérationnelle.
Pour un accompagnement personnalisé en gestion émotionnelle et leadership, contactez Joéline Andriana, Docteur en Psychologie.
1. Les Méthodes de Prévention : Comment Agir à Temps ?
La prévention du suicide repose sur plusieurs stratégies : l’éducation, la prise en charge psychologique, et un soutien social adéquat. Agir à temps peut littéralement sauver des vies. Dans cette section, nous décrivons les meilleures pratiques et approches pour intervenir efficacement.
1.1. Éduquer et sensibiliser : L’importance de parler ouvertement du suicide.
Selon le Manuel de psychiatrie, écrit sous la direction de Julien-Daniel Guelfi et Frédéric Rouillon, « se reconnaître psychologiquement malade est beaucoup plus difficile que d’exprimer à un médecin un symptôme somatique. De surcroît, la crainte de devenir « fou » ou d’être reconnu comme tel est souvent implicite dans une société où la maladie mentale est encore stigmatisée. (…)
L’attitude du psychiatre doit ici s’efforcer d’être rassurante et de limiter la recrudescence de l’anxiété qu’entrainerait une attitude excessivement neutre et silencieuse, voire froidement indifférente. Néanmoins, répondre à l’angoisse du patient par une banalisation de la situation, par une chaleur affective superficielle ou des propos systématiquement rassurants serait à la fois inefficace et peu crédible.
Contrôler l’angoisse durant l’entretien est nécessaire pour favoriser l’expression du patient, mais y répondre systématiquement en la disqualifiant empêche un échange réel et interdit de comprendre les ambiguïtés et les nuances authentiques de la demande d’aide. »
Il est ainsi primordial de parler du suicide ouvertement afin de percer le tabou et manier le sujet avec authenticité et écoute.
1.2.. Offrir un soutien émotionnel : Écouter sans juger.
« L’écoute est donc nécessaire, pour repérer les contenus que privilégie le sujet, aussi bien que ses ponctuations émotionnelles ou les détours et ruptures spontanés du fil de son discours. Elle permet aussi au praticien de prendre une certaine distance, et de mieux cerner ses propres réactions affectives, dans la relation interpersonnelle qui est en train de s’établir.
Le praticien s’efforce aussi de percevoir, à l’aide de ce qu’il ressent lui-même, ce que peut être l’expérience que vit son patient dans l’instant. »
1.3. Encourager à chercher de l’aide professionnelle : Quand et comment orienter vers un thérapeute.
Dès que vous entendez le mot suicide, dès que vous voyez un comportement limite qui met en danger non seulement le sujet mais aussi son entourage, je vous propose de le diriger vers un thérapeute, un psychiatre.
Ici, j’aimerais sensibiliser sur l’impact du suicide parental chez l’enfant.
Le suicide d’un parent est un événement traumatique dévastateur qui impacte profondément et durablement le développement psychosocial et émotionnel de l’enfant. Contrairement aux autres formes de décès, le suicide ajoute une couche de complexité, de honte et de culpabilité qui rend le processus de deuil particulièrement ardu.
Le Deuil Complicité et le Trauma
Le processus de deuil est souvent compliqué par la nature de la mort elle-même.
Traumatisme Primaire : La découverte du corps, les circonstances entourant l’événement ou le simple fait d’apprendre la nouvelle de manière abrupte constituent un choc traumatique majeur.
Deuil Inhibé ou Différé : L’enfant peut ne pas être capable d’intégrer l’événement immédiatement. Chez les plus jeunes, la cognition limitée peut entraîner une incapacité à conceptualiser la permanence de la mort. Chez les adolescents, la nécessité de « prendre le relais » du parent défunt peut court-circuiter le processus de deuil.
Stigmatisation et Isolement : Le suicide reste un sujet tabou. L’enfant peut être victime de stigmatisation, ce qui entraîne souvent un retrait social et un sentiment d’isolement. Ils peuvent choisir de cacher la cause du décès pour se protéger.
Le Spectre des Émotions et les Croyances Dévastatrices
Le deuil suite à un suicide est souvent caractérisé par des émotions intenses et contradictoires qui mènent à des distorsions cognitives spécifiques :
Émotion Clé
Conséquence Cognitive / Croyance
Culpabilité
« C’est ma faute, si j’avais été un meilleur enfant (ou si j’avais fait/dit…), il serait resté. »
Honte
« Ma famille est brisée/mauvaise. Je ne dois pas en parler. »
Colère
Colère dirigée contre le parent pour les avoir « abandonnés », ou contre soi-même.
Peur/Anxiété
Peur que l’autre parent ou qu’ils-mêmes reproduisent l’acte. Hypervigilance.
Rejet
Sentiment d’avoir été délibérément rejeté ou jugé insuffisant pour le parent.
Conséquences à Long Terme sur le Développement
Les enfants endeuillés par suicide présentent un risque accru de développer divers problèmes psychologiques à l’adolescence et à l’âge adulte.
Santé Mentale
Troubles de l’Humeur : Forte prévalence de la dépression et de l’anxiété.
Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT) : Souvent lié à la reviviscence des circonstances du décès.
Risque Suicidaire : C’est la conséquence la plus préoccupante. L’enfant peut percevoir le suicide comme un modèle de gestion de la souffrance ou comme une option légitime (souvent inconsciemment).
Troubles du Comportement : Difficultés scolaires, comportements à risque, abus de substances (particulièrement chez les adolescents).
Relations Interpersonnelles
Problèmes d’Attachement : Difficulté à faire confiance et à former des relations intimes stables par crainte d’un nouvel abandon. Ils peuvent développer un style d’attachement anxieux ou évitant.
Rôle Parentifié : L’enfant plus âgé se sent souvent obligé de prendre la place du parent décédé, s’occupant des frères et sœurs ou du parent survivant, au détriment de sa propre enfance.
L’Importance Cruciale du Soutien
Une intervention précoce et adaptée est essentielle pour briser le cycle de la souffrance.
Communication Honnête et Adaptée à l’Âge : Le parent ou tuteur survivant doit parler de la mort de manière factuelle et sans euphémisme, en assurant l’enfant qu’il n’est en aucun cas responsable de la décision de l’adulte.
Thérapie Spécifique : La thérapie EMDR pour le traitement du trauma et la thérapie de groupe (avec d’autres enfants endeuillés par suicide) sont particulièrement efficaces.
Maintien de la Routine : Le maintien d’un environnement stable, avec des routines et des limites claires, apporte un sentiment de sécurité dans le chaos émotionnel.
Le suicide d’un parent laisse une cicatrice psychologique. En tant que société, nous avons le devoir de fournir un filet de sécurité psychologique et émotionnel, permettant à ces enfants de décharger le fardeau de la culpabilité et de transformer leur histoire traumatique en un récit de survie et de résilience.
1.4. Création d’un environnement sécurisé : Limiter l’accès aux moyens de se faire du mal.
1.5. Conseils pratiques :
– Si quelqu’un exprime des pensées suicidaires, rester calme et poser des questions ouvertes pour comprendre l’étendue de sa souffrance.
– Ne jamais minimiser la gravité de la situation, même si la personne semble aller mieux par moments.
– Diriger la personne vers un professionnel de la santé mentale et, si nécessaire, appeler un numéro d’urgence ou une ligne d’assistance.
2. Les Approches Thérapeutiques pour Prévenir le Suicide.
Le rôle de la thérapie dans la prévention du suicide est crucial. De nombreuses approches thérapeutiques, comme l’hypnothérapie ou la thérapie via la méthode EMDR, ont montré des résultats positifs pour réduire les pensées suicidaires.
– Thérapie par l’hypnose : Changer les schémas de pensée destructeurs.
– Thérapie par la méthode EMDR : Gestion des émotions intenses.
– La thérapie familiale : Soutien du réseau social et familial.
-La gestion des crises : Comment la prise en charge immédiate peut prévenir un acte suicidaire.
Conseils pratiques :
– Encourager les individus à chercher une aide professionnelle lorsqu’ils ressentent des pensées suicidaires.
– Discuter des options thérapeutiques avec un docteur en psychologie pour trouver l’approche qui convient le mieux au sujet en crise.
3. Comment Aider un Proche en Détresse : Ce que Vous Pouvez Faire.
Si vous suspectez qu’un ami, un membre de la famille ou un collègue traverse une crise suicidaire, il est naturel de se sentir désemparé. Cette section donne des conseils pratiques sur la manière d’intervenir et d’offrir un soutien sans être intrusif ou maladroit.
– Écouter activement : Comment offrir une oreille bienveillante.
Bien évidemment, la personne la mieux placée pour écouter avec une oreille bienveillante est un professionnel de la santé mentale. D’où l’importance d’orienter le sujet rapidement vers un centre de soin ou un professionnel.
– Éviter les jugements ou les conseils hâtifs : L’importance de l’empathie. L’empathie s’apprend et se ressent. Il est primordial de comprendre que cette qualité n’est pas innée.
– Encourager à parler à un professionnel : Pourquoi orienter vers un spécialiste est crucial.
Il arrive que la demande du sujet soit influencée par un tiers. « C’est un cas de figure assez fréquent dans le domaine des conflits familiaux et conjugaux sous-tendus par des facteurs psychopathologiques.
Encore doit-on clarifier ce qui revient à chacun et quelles interactions sont en jeu. L’examen simultané des partenaires du conflit est souvent utile, mais pratiquement jamais d’emblée, dans la mesure où le praticien, vite installé dans la position de l’arbitre d’une situation dont il ignore tout, pourra difficilement fonctionner comme ce qu’il doit être : clinicien et thérapeute.
Il est toujours préférable de s’entretenir d’abord, et autant qu’il se faudra, avec le sujet porteur de la demande, sans le confronter dans les croyances que sa pathologie est seule en cause, mais sans pour autant inverser la situation. Aider le sujet à repérer et à délimiter ses propres difficultés l’aidera aussi à ne pas se soumettre totalement au rôle qui lui est assigné. Il en va bien sûr de même devant certains adolescents dont les comportements entraînent d’importantes difficultés dans la famille, et où l’expérience montre généralement qu’ils ne résument pas toujours la pathologie du groupe familial. »
Tiré du Manuel de psychiatrie, écrit sous la direction de Julien-Daniel Guelfi et Frédéric Rouillon
– Intervenir en cas d’urgence : Que faire si la personne est en danger immédiat ?
Il est crucial de rester près du sujet et d’appeler les urgences psychiatriques, parce qu’il existe des demandes d’examen émanant de l’entourage, sans être acceptée par le patient. « Cette situation n’est pas rare au cours des consultations de psychiatrie d’urgence, notamment pour les patients souffrant de psychoses délirantes.
Elle nécessite de dissiper certaines ambiguïtés, sans que cela soit toujours possible, du seul fait que l’examen ne répond pas au seul désir du malade.
Il faut, bien entendu, prendre le temps de s’enquérir de la situation du patient et de sa famille, de ses motivations, de son seuil de tolérance et de la demande de soins qu’elle formule pour l’intéressé. Le psychiatre doit essentiellement apprécier l’intérêt du patient et ne pas prendre parti dans un conflit familial.
Il lui faudra faire accepter son examen et ses éventuelles conséquences, en expliquer les raisons et répondre aussi authentiquement que possible aux questions de chacun. Il s’interdira les subterfuges parfois proposés par des familles anxieuses ; c’est en tant que psychiatre qu’il procède à un examen ; le malade doit le savoir et savoir pourquoi.
Rappelons aussi une évidence : aussi tronqué et difficile que puisse être parfois l’examen, il doit obligatoirement avoir lieu s’il conduit à un certificat de placement. Même à propos d’un patient que l’on connaît bien, et font on sait le passé pathologique, même si les faits actuels sont rapportés par une personne à qui l’on se fie, et quel que soit le caractère dramatique de la situation décrite, on ne peut rien dire, et a fortiori rien certifier, à propos d’un examen clinique qui n’a pas eu lieu »
Tiré du Manuel de psychiatrie, écrit sous la direction de Julien-Daniel Guelfi et Frédéric Rouillon.
Conseils pratiques :
– Proposer de l’accompagner à une première séance de thérapie si la personne se sent réticente à aller seule.
– Éviter de dire des phrases comme « ça va aller » ou « tu n’as pas de raison de te sentir comme ça », car cela minimise leur douleur.
Conclusion : Créer une Société Plus Inclusive et Soutenante.
La prévention du suicide ne repose pas uniquement sur l’individu, mais sur l’ensemble de la société. En brisant les tabous autour du suicide, en encourageant la recherche d’aide et en offrant un soutien continu, nous pouvons tous contribuer
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D’après le Manuel de psychiatrie écrit sous la direction de Julien-Daniel Guelfi et Frédéric Rouillon, « Le suicide appartient aux grandes causes de mortalité prématurée et évitable. La sensibilité au problème et la volonté collective de prévenir le suicide deviennent de plus en plus patentes alors qu’il est la cause, chaque année, d’environ 10 500 décès avec un taux annuel de 17 pour 100 000 habitants selon les données de 1999 à 2001. (…)
La première loi de santé publique dont s’est dotée la France, le 9 août 2004, inclut celle-ci dans son objectif numéro 2 avec une réduction de 20% en 5 ans. La prévention du suicide figure aussi dans le plan de psychiatrie et de santé mentale adossée au plan de détection et traitement de la dépression. Le suicide fait partie aussi des risques auxquels ont fait face les établissements de santé. (…)
Le classement des actions visant à réduire le suicide est assez complexe. Nous prendrons comme l’architecture générale de la prévention du suicide les niveaux suivants :
–la promotion de la santé : tout ce qui permet de façon non spécifique de répondre aux besoins des individus en termes de bien-être physique, psychique et social ;
–la prévention du suicide : toutes les actions individuelles et collectives qui agissent sur les principaux déterminants du suicide, comprenant l’identification des personnes à risque, le diagnostic et le traitement des troubles psychiatriques susceptibles de créer une souffrance majeure, ainsi que toutes les mesures générales qui limitent l’accès aux moyens du suicide ;
–l’intervention en cas de crise suicidaire comprenant les actions appropriées à chacune des étapes de la crise : les étapes d’idéation, d’intention, de programmation et de mise en œuvre de l’acte suicidaire ;
–la postvention suite à un suicide : ensemble des actions pour la prise en charge des personnes qui ont vu la scène, assuré les secours, ceux qui avaient noué une relation d’attachement avec cette personne (famille, amis, professionnels, bénévoles), et pour limiter le phénomène de contagion et d’imitation par suicide auprès des personnes vulnérables.
Cette postvention peut inclure l’analyse causale des suicides afin de favoriser le retour d’expérience pour améliorer la prévention. »
1. Les Signes Avant-Coureurs : Comment Détecter les Risques de Suicide.
L’un des moyens les plus efficaces pour prévenir le suicide est de reconnaître les signes avant-coureurs. Ces signes peuvent être verbaux, comportementaux ou émotionnels. Si vous remarquez ces signaux chez une personne, il est essentiel de prendre ces indices au sérieux et de chercher à offrir un soutien.
Les signaux verbaux : Ce que disent les personnes en détresse.
Les comportements à surveiller : Isolement, changements dans les habitudes et perte d’intérêt.
Signes émotionnels : Désespoir, sentiment de fardeau et apathie.
Changements soudains d’attitude : Un calme inattendu peut être alarmant.
Conseils pratiques :
-Prendre au sérieux toute mention d’envie de mourir ou de se faire du mal.
-Observer les changements soudains de comportement, comme l’abandon de responsabilités ou le désengagement social.
Selon l’ouvrage intitulé Psychologie sociale, Tome 1, l’individu et le groupe, dirigé par P. Gosling, il existe dans le phénomène du suicide un effet d’imitation.
« Le sociologue Philipps a étudié aux Etats-Unis les statistiques relatives au suicide entres les années 1947 et 1968. Ses travaux lui ont permis de démontrer l’existence d’une corrélation entre la publicité faite autour d’une histoire de suicide et le nombre de personnes qui mettaient fin à leur jour peur de temps après la diffusion de ce fait.
Dans les deux mois qui suivent la publication dans la presse d’un suicide (concernant souvent une personnalité connue et respectée du public), il y a en moyenne cinquante-huit suicides de plus que d’ordinaire ! C’est ce qu’on appelle l’ « effet Werther » : après la diffusion d’un fait divers relatant le cas d’un suicide d’une personne célèbre, on observe une augmentation très nette du nombre de suicides dans les zones où cette nouvelle a fait l’objet d’une large publicité.
Philipps explique ces résultats tout à fait surprenants par l’imitation. Certains individus en difficulté, après avoir appris le suicide de quelqu’un, décideraient que le suicide est, pour eux aussi, un acte approprié.
Les obstacles personnels et/ou moraux qui les empêchaient jusque-là de mettre à exécution cette issue tragique seraient à ce moment désinhibés. Ces découvertes, qui ont été vérifiées depuis , incitent à réfléchir aux problèmes de la médiatisation faite autour des suicides aussi bien dans la presse écrite qu’à la télévision, d’autant plus que d’autres données statistiques, à première vue inexplicables semblent corroborer ce lien. »
Cialdini considère une statistique étrange à laquelle il tente d’apporter une explication à partir de ce qu’il sait de l’ « effet Werther ». On a en effet observé que, quelques jours après la diffusion d’un cas de suicide sensationnel, le nombre de crashs d’avions de ligne ou privés augmente considérablement.
Le nombre de personnes tuées augmente de mille pour cent ! On peut faire le même constat quant à la montée en flèche du nombre de tués dans les accidents de la route. A ce phénomène particulièrement déroutant s’ajoutent deux autres distinctions qui ont leur importance pour la compréhension de ces résultats.
-Le nombre d’accidents mortels, que ce soit dans le cadre du pilotage d’un avion ou de la conduite automobile, se multiplie seulement dans les régions où l’annonce du suicide a fait l’objet d’une vaste publicité. Plus la médiatisation est forte, plus l’augmentation du nombre d’accidents est élevée. Il semble bien que ce soit la publicité donnée au suicide aui provoque des accidents de voiture et d’avion.
-Lorsque le fait divers relate l’histoire d’un suicide « individuel » (une seule personne se donne intentionnellement la mort), alors ce sont seulement les accidents où n’est impliqué qu’une personne qui deviennent les plus fréquents. Par contre, si l’histoire concerne un suicide combiné au meurtre, ce sont seulement les accidents faisant plusieurs victimes qui se multiplient.
Selon Cialdini, tous ces accidents seraient en fait des « cas dissimulés de suicide imitatif ». Plutôt que se donner la mort de la façon la plus directe mais aussi la plus apparente, les personnes à l’origine de ces accidents agiraient de façon directe.
Il peut tout aussi bien s’agir du pilote d’avion qui ne respecte pas les instructions de la tour de contrôle que du conducteur d’une voiture qui double sans prudence ou du passager qui gêne le conducteur au moment particulièrement délicat. Tous ces constats relèvent d’une même explication générale que, Cialdini évoque par la notion de « la preuve sociale ».
4. La preuve sociale.
Dans son ouvrage, Cialdini distingue six formes différentes de persuasion et parmi elles, celle de la preuve sociale. A chacune de ces six catégories correspond un principe doté d’un pouvoir particulier. Ils provoquent tous une adhésion automatique de la part des individus, sans réflexion préalable et réfléchie de leur part.
Selon ce principe de la preuve sociale, les gens déterminent le bien-fondé de leurs comportements en regardant ce que font les autres. En d’autres termes, nous avons tendance à croire qu’un comportement est approprié dès lors que d’autres personnes l’adoptent.
C’est le cas lorsqu’on connaît la corrélation étroite qui existe entre la médiatisation des récits de suicide et le nombre de suicidés d’une part, et avec le nombre d’accidents mortels d’autre part.
Il s’agit là d’une illustration tragique du principe de la preuve sociale : les gens qui se donnent la mort directement ou dans un accident déterminent leur comportement à partir des actes d’autres personnes, comme eux, en difficulté. La similarité est en effet un facteur essentiel dans le comportement d’imitation.
Le principe de la preuve sociale fonctionne particulièrement bien sous deux conditions : lorsque nous observons le comportement de gens qui nous sont semblables d’une part et/ou lorsque nous nous trouvons dans un état d’incertitude d’autre part.
La similarité entre celui qui agit et celui qui observe.
Nous sommes d’autant plus enclins à prendre pour exemple le comportement d’une personne que celle-ci nous paraît similaire à nous-mêmes. (…) L’individu qui apprend la nouvelle du suicide d’une personnalité se sent proche d’elle dans la mesure où comme elle, il se sent en difficulté.
Philips a notamment montré que l’âge entre le suicidé et la future victime sont fortement corrélés. Si le suicidé est jeune, alors il y a plus de possibilités pour que la victime d’un accident de voiture soit un jeune conducteur. Les tendances sont les mêmes lorsque le suicidé est d’un âge plus avancé.
L’état d’incertitude dans lequel se trouve celui qui observe.
Dans le cas où nous ne savons pas quelle conduite adopter parce que la situation est ambiguë ou confuse, il est naturel de considérer les actions des autres. Ce second point est particulièrement important pour comprendre l’inaction de tout un groupe de personnes devant des victimes ayant besoin d’aide. Comment se fait-il que personne ne soit intervenue pour aider une personne victime d’une agression, d’un malaise cardiaque ou encore d’un accident de voiture ?
Le principe de la preuve sociale permet de mieux saisir ce phénomène si regrettable en mettant en avant l’ambiguïté de la situation et l’incertitude qui en découle.
Très souvent en effet, l’urgence n’apparaît pas de façon évidente. Ne sachant pas à quoi nous en tenir exactement, nous avons tendance à regarder ce que font les autres pour déterminer s’il est préférable d’intervenir ou non. S’ils ne font rien, nous avons tendance à les imiter en pensant que c’est là le comportement le plus adéquat.
Nous retrouvons ce que les psychologues sociaux appellent le phénomène d’ignorance collective.
6. Preuve sociale et médiatisation.
La puissance du principe de la preuve sociale semble particulièrement étendue puisqu’il influe jusqu’à notre décision fondamentale de vivre ou de mourir. De ce point de vue, l’impact de la publicité donnée aux suicides a une influence : la médiatisation d’actes aussi tragiques confère une certaine légitimité à l’acte.
Si les suicides largement diffusés par les médias tendent à être contagieux, et c’est là un constat, il en est de même pour les comportements d’agression.
Ainsi, les dernières recherches de Philipps montrent que la médiatisation des actes de violence stimulerait des homicides imitatifs. La force du principe de la preuve sociale et l’influence considérable des médias devraient inciter à évaluer les effets de la publicité données à de tels événements. »
En conclusion, il semble primordial de connaître à la fois l’entourage et les images vues par la personne sujette à cette impulsion suicidaire. L’effet d’imitation, le phénomène d’ignorance collective ou de preuve sociale soulèvent des problématiques actuelles.
Protégeons-nous, protégeons nos proches, nos enfants et nos adolescents de toutes ces formes de médiatisation, de publicité. J’y inclue également les films, les séries, les jeux vidéos.
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Les causes du suicide sont multifactorielles et incluent souvent une combinaison d’éléments psychologiques, biologiques et sociaux. Bien qu’aucune cause unique ne puisse expliquer toutes les situations, il existe plusieurs facteurs de risque reconnus.
1. Psychopathologie.
Selon le Manuel de psychiatrie, écrit sous la direction de Julien-Daniel Guelfi et de Frédéric Rouillon, « outre les « fonctions » attribuées par E.L. Stengel et N.G. Cook aux parasuicides et le syndrome présuicidaire de H. Ringel, les comportements suicidaires ont suscité des interprétations variées.
Par exemple, pour K.A. Menniger, trois composantes plus ou moins conscientes pouvaient être discernées :
-désir de se tuer ;
-désir d’être tué ;
-désir de tuer quelqu’un d’autre.
Pour E.Schneidman, fondateur de la suicidologie et du centre de prévention du suicide à Los Angeles, le comportement suicidaire correspondait à une douleur psychique insupportable (Psychache).
Le modèle théorique actuellement prévalent est celui qui associe vulnérabilité et événements stressants, « paradigme diathèse (disposition générale de l’organisme, le plus souvent héréditaire ou innée, qui, après être restée latente, se manifeste par certaines affections)-stress-désespoir ».
On peut ainsi retrouver les éléments suivants :
-des stresseurs du type pertes diverses et problèmes de santé ;
-un trouble psychiatrique (spécialement du type de trouble de l’humeur, abus de substance et schizophrénie) ;
-des perturbations émotionnelles avec colère, dépression, désespoir, impuissance, culpabilité, anxiété/panique, anhédonie (ou anhédonisme : incapacité à éprouver du plaisir lors des situations de vie pourtant considérées auparavant comme réjouissantes et souvent associée à un sentiment de désintérêt diffus, un état dépressif ou panophobe- ou pantophobe, ou panphobe, ou omniphobe : personne souffrant de panophobie et qui, dans un état d’anxiété permanent, se replie sur elle-même et ne peut nouer de relations sociales, insomnie, altération de l’attention et de la concentration) ;
–rigidité cognitive, déficit pour la résolution de problèmes et le coping (ensemble des processus mis en place par un individu pour adapter une stratégie face au stress pour en contrôler puis en diminuer l’impact psychologique, physique voire pathologique) ;
–isolement relationnel et limitation du support social ;
–un trouble du contrôle des impulsions (abus de substance, agressivité, prise de risques et acting out sexuel- mécanisme de défense conduisant à l’action au lieu d’y résister ou de matrîser ses pulsions) ;
–ruminations suicidaires et comportements associés.
« Plus de 90% des sujets qui décèdent par suicide présentent au moment de leur geste un trouble psychiatrique, la plupart du temps un trouble de l’humeur. Néanmoins, même dans ce groupe de sujets à risque, la majorité des individus ne réalisent jamais de conduite suicidaire (tentative de suicide ou suicide abouti).
Cela est expliqué par le fait que les facteurs de stress, qu’il s’agisse de dépression ou d’événements de la vie stressants, aboutissent à un geste suicidaire seulement chez les individus vulnérables. Les facteurs cliniques qui sous-tendent cette vulnérabilité sont de différentes natures :
-des traits de personnalité comme impulsivité agressive qui s’expriment par la colère ou la violence, ainsi que le pessimisme/désespoir ;
-les antécédents de tentative de suicide ;
-les antécédents familiaux de conduite suicidaire (TS et suicides).
Sur le plan neurochimique, un ensemble d’anomalies du système de la sérotonine ont été associées à la vulnérabilité suicidaire. Le dysfonctionnement sérotoninergique a été initialement mis en cause dans la physiopathologie de la dépression.
Toutefois, la recherche de marqueurs biologiques de la dépression a finalement abouti à l’observation que ce dysfonctionnement serait en fait lié à l’existence d’antécédents de tentative de suicide chez les patients déprimés.
(…)
Le dysfonctionnement sérotoninergique est régulièrement associé aux tentatives de suicide violentes, ou létales (qui peut entraîner la mort ou la provoquer).
D’autres parts, les traits de personnalité tels que l’agressivité et l’impulsivité sont des facteurs de risque des conduites suicidaires et des comportements violents impulsifs, l’impulsivité-agressivité, l’irritabilité, l’hostilité et les conduites antisociales.
(…)
La relation trifactorielle, conduites suicidaires – agressivité impulsive – dysfonctionnement sérotoninergique, permet de considérer que la fonction sérotoninergique centrale supporte un mécanisme inhibiteur, et qu’une déficience de cette fonction aurait pour résultats une impulsivité et une agressivité plus importantes, qu’il s’agisse de conduites d’autodestruction comme les conduites suicidaires, ou d’actes agressifs à l’égard d’autrui.
(…)
Cette région (la partie ventromédiane du cortex préfrontal= situé dans le lobe frontal au bas des hémisphères cérébraux et impliquée dans le traitement du risque et la peur, il joue également un rôle dans l’inhibition de réactions émotionnelles, et dans le processus de prise de décision) du cerveau est impliquée dans l’inhibition comportementale et cognitive, les lésions situées à ce niveau entraînant une désinhibition.
(…)
L’objectif premier du suicide est souvent de faire cesser une émotion insupportable (la douleur morale, la colère ou la honte), cette émotion étant une réponse à un stresseur tel que la dépression et/ou un stimulus aversif. (répulsion violente, forte antipathie que l’on conçoit pour quelqu’un ou quelque chose).
Le dysfonctionnement sérotoninergique au niveau du cortex ventromédian entraîne un dyscontrôle de l’agressivité qui pourrait à son tour conduire à une propension accrue aux passages à l’acte (vulnérabilité) lorsque les sujets sont soumis à des facteurs de stress, environnementaux ou psychiatriques (dépression).
3. La sphère familiale.
« Si la transmission familiale du risque suicidaire n’est pas liée à la transmission des troubles psychiatriques, elle est liée à la transmission au sein des familles des traits de personnalité impulsifs-agressifs.
En pratique, les cliniciens doivent rechercher systématiquement les antécédents familiaux de tentatives de suicide et de suicides aboutis, ainsi que l’existence de traits de personnalité en rapport avec la propension à agir sous l’emprise de la colère, chez le sujet évalué mais aussi chez ses apparentés.
(…)
Si vous ou vos proches êtes soumis à ce genre de problématique, et que vous pensez avoir besoin de l’accompagnement d’un professionnel, réservez votre séance.
4. Les facteurs environnementaux.
La maltraitance pendant l’enfance, qu’il s’agisse d’abus physiques, d’abus sexuels ou de négligences, entraîne de façon persistante une diminution de l’activité sérotoninergique et plus grande impulsivité, contribuant au risque suicidaire accru à l’âge adulte.
D’autre part, la maltraitance dans l’enfance pourrait induire une sensibilité accrue aux stress qui fait intervenir le système noradrénergique, le cortisol et l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, en interaction avec le système sérotoninergique. Des travaux très récents montrent que les facteurs génétiques se combinent aux facteurs environnementaux pour conférer une vulnérabilité suicidaire.
Ainsi, tous les sujets victimes de maltraitance dans l’enfance ou soumis à des événements de vie négatifs ne sont pas à risque de conduite suicidaire et seuls ceux qui portent un génotype particulier du gène du transporteur de la sérotonine auront un risque augmenté de conduite suicidaire.
(…)
Les cliniciens doivent considérer l’ensemble de l’histoire d’un sujet pour évaluer soigneusement le risque suicidaire et pour promouvoir des actions de prévention.
(…)
Le développement de la neuropsychologie permet de mieux appréhender les mécanismes cérébraux mis en cause dans la vulnérabilité suicidaire, indépendamment de la dépression.
Par exemple, il a été montré récemment que les sujets suicidants présentaient des anomalies de « prise de décision », renforçant l’hypothèse de l’existence d’un dysfonctionnement du cortex préfrontal ventromédian chez ces sujets. »
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5. La biographie des suicidants.
Pour ce chapitre, je m’aide de l’ouvrage de Laurent Morasz et de François Danet, intitulé Comprendre et soigner la crise suicidaire.
« Les lignes qui suivent consistent à mettre en évidence un certain nombre de facteurs de risque aux crises suicidaires, qu’on peut appeler également conduites suicidaires. Il ne s’agit en aucun cas d’un modèle additif mesurant le risque final à partir d’une sommation des différents facteurs de risque, mais d’un modèle intégratif aboutissant au fait que l’impact de chacun d’eux dépend de la présence ou de l’absence d’autres éléments (Walter, 2000).
De nombreux travaux scientifiques mettent en évidence un lien entre pertes précoces pendant l’enfance et comportement suicidaire (Cross et Hitschfeld, 1986) :
-essentiellement de l’un des deux parents par séparation, divorce ou décès (Crook et Raskin, 1975 ; Morgan et al., 1975) ;
-surtout quand elle est survenue pendant la période de latence (de 6 à 12 ans ) (Pfeffer, 1981) ;
-ou lorsqu’elle a résulté d’une instabilité familiale importante (Golney, 1981 ; Adams et al., 1982) ;
-voire lorsque cette instabilité se prolonge à l’adolescence (De Wilde et al., 1992).
L’exposition précoce et prolongée aux idées de suicide ou aux comportements suicidairres d’un des parents, ou la survenue du décès par suicide constitue un facteur de risque du passage à l’acte à l’adolescence et à l’âge adulte important (Hutchinson et Draguns, 1987), mais aussi de récidive (Krarup et al., 1991).
Les violences lors de l’enfance augmentent le risque suicidaire à l’âge adulte (Bryant et Range, 1995), avec un impact particulier des abus sexuels (Briere et Runtz, 1988 ; Martin, 1996 ; Peters et al., 1995 ; Yang et Clum, 1996). Ce risque est d’autant plus élevé que l’abus a été répété et est sévère, et qu’il a duré lontemps (Boudewyn et Liem, 1995).
Il semblerait identique pour les garçons et les filles mais les études sont peu nombreuses pour les garçons (Boudewyn et Liem, 1995). De plus, les abus sexuels sont corrélés à l’apparition d’idées de suicide surtout quand l’agresseur vit dans le cercle familial (Wagner, 1997).
Les études biographiques des suicidants mettent en évidence que les facteurs traumatiques des patients suicidants n’y prédisposent que s’ils résultent d’une rencontre entre un événement, une histoire et une personnalité vulnérable (Lebovici et Soulé, 1989 ; Raynaud, 1998). Il est donc important de dépeindre les caractéristiques de la personnalité des suicidants telles que les études le décrivent (Cross et Hitschfeld, 1986 ; Low et Andrew, 1990).
Il est donc nécessaire de tenir compte de plusieurs facteurs tels que les :
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@copyright : J’autorise la citation de mes textes sous réserve que la source soit citée et mise en lien.
Mots-clés à intégrer : « causes du suicide », « facteurs de risque suicidaire », « déclencheurs de pensées suicidaires », et « prédispositions au suicide ».
Avant de commencer, je vous propose de consulter l’article 36.1. intitulé Suicide : Comprendre.
Qu’est-ce que le Suicide ? Une Vue d’Ensemble Psychologique.
1. Définir le suicide : une tentative pour échapper à une souffrance insoutenable ?
Pour cela, je m’aide de l’ouvrage de Roland Doron et de Françoise Parot, intitulé Dictionnaire de psychologie: « Classiquement, le suicide est le meurtre de soi-même. E. Dukheim, en 1897, appelle suicide tout cas de mort qui résulte d’un acte accompli par la victime elle-même et qu’elle savait devoir produire ce résultat.
Actuellement, on tend à envisager dans un vaste ensemble le suicide, le chantage au suicide, les équivalents suicidaires. Je reste disponible si vous avez besoin d’une consultation : Réservez votre séance.
D’un point de vue épistémologique, le nombre de suicide est difficilement appréciable (suicide non déclaré, non-reconnaissance du suicide à l’origine de la mort). Cependant, une étude sur l’année 1971 dénombrait en France 14 200 suicides (seconde cause de décès par mort violente).
Les moyens utilisés sont variés : par ordre de fréquence on note, en France, la pendaison, la noyade, le gaz, les armes à feu, les toxiques médicamenteux, les armes blanches.
Différents facteurs suicidogènes ont été repris : on dit par exemple que le suicide est plus fréquent en milieu rural et les tentatives de suicide plus fréquentes en milieu citadin ; on évoque le rôle des conditions atmosphériques, de facteurs actuellement retenus comme favorisants : l’absence d’insertion sociale réelle, la rupture professionnelle, l’appartenance à certaines catégories socioprofessionnelles (étudiant, militaire, appelé, détenu, prostituée, personnel médical et paramédical) ; enfin l’âge : la tentative de suicide est surtout le fait de sujets jeunes (adolescents) ; au contraire, la fréquence du « suicide réussi » est plus grande chez les personnes âgées.
Les femmes font plus de tentatives de suicide (cinq femmes pour deux hommes) mais le rapport s’inverse pour le suicide.
S’il n’existe pas de profil psychologique du suicidant, toute affection mentale est peu ou prou suicidogène, surtout la mélancolie où le risque est majeur.
Dans la dépression névrotique, le passage à l’acte paraît fonction de la structuration des défenses. Le suicide est rare au cours des délires chroniques tandis que les tentatives de suicide du schizophrène sont énigmatiques et bizarres.
Le sens des conduites suicidaires n’est pas univoque : ce peut être une volonté destructrice dans laquelle l’autoagressivité est très présente : les psychanalystes envisagent soit un retournement contre soi de l’agressivité initialement dirigée contre l’autre, soit l’expression privilégiée de l’instinct de mort s’actualisant dans le geste suicidaire.
La dimension hétéroagressive souvent inconsciente est indéniable, stigmatisant l’entourage familial. La fonction de chantage est parfois présente, n’en mettant pas moins gravement en danger le patient dans une quête de communication avec autrui.
Voici un article sur un sportif qui a tenté de se suicider :
La question du passage à l’acte suicidaire est toujours très discutée, et ce d’autant que le risque mortel est très mal apprécié le plus souvent par le suicidaire.
Actuellement, certains travaux neurobiologiques émettent l’hypothèse d’une vulnérabilité au passage à l’acte quel qu’il soit liée à un dysfonctionnement sérotoninergique.
Enfin, la récidive pose un problème grave du point de vue préventif : 10 à 15% des suicidants (sujets ayant commis une ou plusieurs tentatives de suicide) finissent par se tuer. »
Selon le Dictionnaire de la psychiatrieécrit par Jacques Postel, « Le suicide est soit un acte rationnel, exécuté en fonction de considérations morales, sociales, religieuses, philosophiques ou personnelles, soit au contraire un acte pathologique survenant alors au cours de l’évolution de diverses affections mentales (dépression, délire chronique, démence, confusion, etc.) ou d’une crise existentielle aiguë sous forme de raptus (soudaine impulsion pouvant conduire une personne à commettre des gestes très violents à l’encontre d’elle-même ou d’autrui) anxieux autoagressif, raptus très différent du suicide prémédité de certains mélancoliques ou délirants.
Cet acte peut avoir trois fonctions différentes. Ou bien il s’agit de l’évitement, de la fuite d’une situation inacceptable ou trop douloureuse (suicides de certains cancéreux par exemple) ; ou bien c’est une véritable conduite autoagressive, par retournement d’une intense agressivité contre soi-même (cas de la dépression mélancolique) ; ou bien c’est un appel au secours, une sorte de message désespéré adressé à un entourage jugé trop indifférent ou hostile.
Dans ce dernier cas, sans doute trop fréquent, il ne s’agit parfois que d’une tentative de suicide, plus ou moins spectaculaire, s’accompagnant d’un appel à autrui pour qu’il intervienne.
Mais si cette intervention s’est fait attendre, ou si le message n’a pas été transmis, la tentative se réalise du fait que les secours ne sont pas arrivés à temps, comme dans ces nombreux cas d’intoxication médicamenteuse où le SAMU arrive trop tard.
Une (…) étude de l’INSERM dirigée par F. Davidson et A. Philippe a montré qu’en France le suicide est actuellement responsable de près de 12 000 décès par an (en 1994, 8 839 hommes et 3 155 femmes) ; et il semble que depuis quelques années (1975) en augmentation, principalement chez les hommes et les sujets jeunes.
En Finlande, pays d’Europe où il est le plus élevé, le taux est de 46 pour 100 000 (hommes) et de 11 pour 100 000 (femmes).
Les différentes corrélations statistiques ne permettent cependant pas de démontrer une relation positive pour les hommes (l’évolution du chômage n’est pas un facteur prédictif du suicide masculin).
En revanche, pour la population féminine, l’évolution du taux de chômage pourrait être prédictive. La solitude reste en tout cas l’un des facteurs les plus importants. Elle s’accompagne généralement d’un sentiment de rejet, surtout dans cette dernière population.
2. Les facteurs psychologiques communs associés au suicide.
Cela correspond finalement aux premières recherches de E. Durkeim, qui constatait, en 1897, que les suicides augmentaient en fonction du relâchement des liens familiaux et de l’isolement social. Ce dernier est certainement à l’origine de très nombreux suicides, et le cas de Véronique Le Guen, une jeune spéléologue de 33 ans qui a été trouvée morte dans sa voiture après avoir absorbé une forte dose de barbituriques, en est presque une illustration expérimentale : elle venait de passer 111 jours seule, au fond d’un gouffre et en était ressortie assez éprouvée.
C’est surtout aux deux extrémités de la vie que le suicide est devenu beaucoup plus fréquent qu’autrefois. Chez les adultes jeunes, et les adolescents, le phénomène suicidaire a pris des proportions inquiétantes dans notre pays depuis une dizaine d’années (ce livre est sorti en 1998 et 2003).
C’est souvent devant l’échec, l’impossibilité de s’insérer socialement et professionnellement que l’adulte jeune va se suicider, confirmant la phrase de l’écrivain Drieu La Rochelle : « Le suicide, c’est un acte, l’acte de ceux qui n’ont pu en accomplir d’autres » (le Feu follet).
Cet acte de désespoir se réalise souvent dans le comportement toxicomaniaque, l’overdose finale venant terminer une trajectoire suicidaire progressive.
Chez l’adolescent, ce sont souvent les séparations du milieu familial, les premières ruptures sentimentales qui provoquent le suicide ou, plus souvent, la tentative suicidaire.
Chez les personnes âgées, le suicide est aussi très fréquent. Près de 30% des suicidés en France ont dépassé la soixantaine. Si certains cas relèvent d’une pathologie psychiatrique évidente (atteinte démentielle, mélancolie présénile ou sénile), la plupart du temps, il s’agit de la conséquence d’une crise existentielle, expression d’un état névrotique dont les défenses sont débordées ou d’un état dépressif réactionnel survenant au décours d’un évènement pénible dont l’impact affectif douloureux se trouve majoré par le déficit du potentiel intellectuel et organique de le sénescence ainsi que par les conditions de vie sociale défectueuse.
Le suicide a généralement le sens d’un acte de libération d’une situation jugée pénible, douloureuse et surtout non modifiable. (Th. Lempérière).
Le suicide collectif a aussi une certaine fréquence. Les amoureux, qui tels Roméo et Juliette, se tuent ensemble restent assez fréquents au Japon. Quant à l’infanticide, il précède souvent le suicide des mères mélancoliques, qui veulent ainsi entraîner dans leur mort leur progéniture pour la sauver d’une situation qu’elles croient, dans leur délire, désespérée.
Il peut y avoir un pacte conclu entre deux personnes qui se sont engagées à mourir ensemble. Quelquefois, l’un des deux candidats endure des douleurs insoutenables et l’autre n’a pas la force d’assister à son martyre ni le courage de survivre. Il arrive également que les deux aspirent à la mort.
Généralement la décision est prise d’emblée d’un commun accord. Nul autre ne se doute de leur secret et les intéressés prennent tranquillement et obstinément leurs dispositions macabres avec une minutie telle que leurs projets échouent très rarement.
C’est souvent le cas des vieux couples décidant ensemble de se donner la mort, comme l’ont fait en 1983 A. Koestler et son épouse.
Il y a enfin de grands suicides collectifs, provoqués par une véritable contagion mentale à partir d’un ou deux leaders, dans une sorte de transe ou d’état hypnotique généralisés : c’est l’exemple dramatique du suicide collectif d’une secte religieuse d’origine nord-américaine, en Guyana, en 1978.
Sur le plan d’une théorie pathogénique du suicide, on en reste aux deux grandes hypothèses : celle de l’anomie (dérèglement, désordre social) de Durkheim, décrite plus haut, et celle de S. Freud, pour qui le suicide serait finalement une forme d’homicide : « Nul, écrit-il, n’est probablement à même de trouver l’énergie psychique de se tuer, à moins de commencer par tuer quelqu’un à qui il est identifié. »
Parmi les variantes, on peut citer la théorie de K. Menninger, d’après laquelle le suicide exprimerait à la fois un désir de mourir, un désir de commettre l’acte de tuer et un désir d’être tué. Aucune de ces considérations ne saurait prétendre traduire toute la vérité. Si la théorie de l’anomie permet de saisir la forte proportion de veufs et de personnes séparés parmi les suicidés, elle n’explique pas pourquoi seuls certains veufs ou esseulés se suicident, alors que les autres ne le font pas.
3. La relation entre dépression et suicide : Une connexion complexe.
Un taux élevé de suicides peut résulter de la conjonction de plusieurs facteurs.
Il faut admettre que le phénomène suicidaire est presque toujours le reflet d’une interaction entre des facteurs sociaux et des facteurs personnels (J. Cohen). Et seule la connaissance de ces différents facteurs permet une bonne prévention du suicide, mettant en œuvre l’ensemble des moyens nécessaires pour en diminuer la fréquence.
Il s’agira aussi depostvention, qui est la prévention de la récidive après une tentative enrayée, puisqu’il faut tenir compte des « suicidants récidivistes » (F. Davidson), de plus en plus nombreux, surtout dans la population féminine. C’est surtout pour ceux-là qu’il faudra prendre le temps de les aider et de les écouter. Les classiques bonnes paroles, c’est-à-dire les propose conformistes et superficiels, n’apportent aucun apaisement appréciable : elles renforcent même l’isolement du désespéré.
Il en va de même des arguments de dissuasion tels que : « Se suicider est une lâcheté, pensez à vos parents ou à vos enfants.»
Tout reproche est à bannir et ne manifeste que l’inquiétude de celui qui le prodigue. Et, à l’extrême, échouent ceux qui parlent plus qu’ils n’écoutent. « Car le suicide d’une personne s’insère dans la dialectique de sa désespérance ou de sa rage : c’est cette histoire personnelle, singulière, unique qu’il importe avant tout de savoir écouter. » (le Suicide et sa prévention, brochure du ministère de la Santé publique et de la sécurité sociale.)
D’après le Manuel de psychiatrie, écrit sous la direction de Julien-Daniel Guelfi et Frédéric Rouillon, dans le chapitre intitulé : Prévalence des pathologies psychiatriques, de la dépression en particulier, « selon les études et les instruments d’évaluation utilisés, l’importance des pathologies psychiatriques chez les suicidés varie dans des proportions importantes, d’une minorité de cas (25 à 30%) à une prévalence proche de 100%. Une méta-analyse de la littérature sur le risque de suicide dans les pathologies mentales montre que pour presque tous les troubles mentaux, le risque de suicide est significativement accru.
Ce risque est plus fortement majoré dans les troubles mentaux fonctionnels et plus limité pour les troubles mentaux organiques. La tentative de suicide est souvent considérée comme le facteur de risque de suicide le plus significatif.
Environ 1% des suicidants se suicident dans l’année et R.F. Diekstra fait état de 10 à 14% de risque de suicide vie entière chez les suicidants.
M.L. Bourgeois, rapportant plusieurs études faites à partir d’autopsies psychologiques en Angleterre et aux Etats-Unis, estime que 50 à 80% des suicides correspondent à des troubles de l’humeur.
Dans une étude des diagnostics en fonction de l’âge chez les suicidés, Y. Conwell trouve que chez les plus jeunes le diagnostic le plus fréquent est la toxicomanie et la psychose et plus l’âge augmente, plus la prévalence de la dépression s’accroît.
Il observe une vulnérabilité accrue des patients âgés aux suicide et particulièrement chez les hommes. Cette liaison âge-dépression concerne la dépression unipolaire. Les études de suivi des patients déprimés montrent qu’au moins 15% de ces personnes se suicident, ce qui représente un risque relatif de l’ordre de 30. Moins nombreux que les déprimés les patients schizophrènes sont aussi fortement exposés au risque suicidaire, leur risque de suicide vie entière est d’environ 5%. »
Le suicide, en termes psychologiques, est souvent le résultat d’une souffrance mentale insupportable. Les individus peuvent ressentir un désespoir intense, une perte de sens, ou une incapacité à voir une issue positive à leurs problèmes. Bien que chaque histoire soit unique, des thèmes récurrents se dégagent, comme la dépression, les troubles de l’humeur, l’anxiété, le traumatisme et l’isolement social.
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